Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

A lire


L'or en bouteille











Un petit guide pratique qui deviendra vite indispensable tant aux novices qu’à ceux pour qui les huiles essentielles n’ont aucun secret. Accessible et complet, « De l’or en bouteille » est facile à consulter au quotidien grâce à son classement à double entrée : par plante et par type d’utilisation en santé, forme et bien être. Il explique clairement, en quelques lignes comment soigner petits maux et gros bobos avec les huiles essentielles.

Recherche

Huiles essentielles




/ / /
Comment choisir une bonne huile essentielle?
par Paulette Vanier.

On distingue grosso modo deux types d'essences: celles qui sont utilisées en parfumerie et dans les produits cosmétiques, dites de qualité industrielle, et celles qui conviennent à un emploi thérapeutique.
Les premières sont généralement de moindre qualité; cela tient à divers facteurs, notamment au procédé de distillation utilisé qui ne permet pas d'extraire la totalité des principes actifs de la plante. C'est le type de produit que l'on trouve dans le réseau commercial habituel.
Les huiles essentielles de qualité thérapeutique sont plus difficiles à trouver: il faut généralement s'adresser à un aromathérapeute pour les obtenir. Comme elles sont plus chères que les autres - il y a toutefois des exceptions -, les distributeurs hésitent à les mettre sur le marché tant que la demande n'est pas suffisante.
Selon Luc Larrivée, aromathérapeute, pour être en mesure d'évaluer la qualité d'une huile essentielle, on devrait trouver sur l'étiquette ou l'emballage les renseignements suivants:

1. L'espèce botanique Pour comprendre cela, il faut savoir que la nomenclature botanique internationale tient compte à la fois du genre et de l'espèce d'une plante. Dans le cas de l'Eucalyptus globulus, par exemple, Eucalyptus est le genre et globulus, l'espèce. Or, à l'intérieur d'un même genre - Eucalyptus -, les principes actifs peuvent varier considérablement d'une espèce à l'autre. Ainsi, l'Eucalyptus globulus est utile pour le traitement des voies respiratoires alors que l'Eucalyptus citriodora convient mieux pour le traitement de l'arthrite. Malgré l'importance de cet élément d'information, rares sont les fabricants d'huiles essentielles ordinaires qui inscrivent l'espèce sur l'étiquette. C'est peut-être une simple négligence ou alors c'est que l'huile n'est pas pure: elle provient d'une espèce ou d'un mélange d'espèces botaniques de moindre qualité.

2. L'organe de la plante S'agit-il de la fleur, de la feuille, de la racine ou de la plante entière? On sait que la composition et la teneur en principes actifs d'une plante peuvent varier selon les organes. Prenons l'exemple de la cannelle dont on tire une essence à partir de l'écorce et une autre à partir des feuilles. L'essence d'écorce, que l'on peut prendre par voie interne, contient en moyenne 70% d'aldéhyde cinnamique, un principe actif utilisé comme antiseptique pour traiter les infections intestinales, comme euphorisant et comme aphrodisiaque. L'essence de feuilles, de son côté, ne devrait jamais être prise par voie interne. Son action antiseptique est beaucoup moindre (elle renferme à peine 5 à 6% d'aldéhyde cinnamique) que celle de l'essence d'écorce, et elle ne possède aucun effet euphorisant ou aphrodisiaque. Pour 15 ml, le prix moyen de l'essence d'écorce est de 40 dollars alors que l'essence de feuilles se détaille à sept ou huit dollars.

3. Le chimiotype Le chimiotype, c'est en quelque sorte la signature de l'huile essentielle, le principe actif que l'on recherche pour ses effets thérapeutiques. Dans l'Eucalyptus globulus, c'est l'eucalyptol qui est recherché pour le traitement des affections respiratoires. Une bonne huile essentielle d'Eucalyptus globulus devrait renfermer environ 60% d'eucalyptol. Pourquoi inscrire le chimiotype si on connaît l'espèce? Parce que, selon Michaël Zayat, conseiller en aromathérapie, la teneur en principes actifs d'une plante varie selon les conditions climatiques, l'habitat, le moment où elle a été récoltée, etc. Par exemple, si la menthe est récoltée en début de saison, elle renferme plus de menthone (toxique) que de menthol (principe actif recherché). La seule manière de s'assurer de la qualité d'une essence est donc de connaître son chimiotype ainsi que la teneur en principe actif. Si l'information «Eucalyptus globulus - eucalyptol 60» apparaît sur le contenant, on sait exactement ce qu'on achète.

La qualité se paie A ces critères, ajoutons le prix qui, sans être une garantie absolue de qualité, peut servir d'indicateur. Hormis quelques exceptions - les essences de conifères notamment les huiles essentielles de qualité coûtent cher. On comprend pourquoi lorsqu'on sait que pour produire 200 g d'essence de thym, il faut 100 kg de plantes fraîches. Pour la fleur d'oranger, il faut une tonne (1000 kg) de fleurs pour produire 1 kg d'essence! Par exemple, une huile essentielle de thym de qualité courante coûtera environ 0,57 $/ml alors que l'essence de qualité thérapeutique se vendra entre 0,90 $ et 1,50 $/ml. On trouvera par contre d'excellentes huiles essentielles biologiques de sapin baumier, certifiées Québec Vrai, pour à peu près 0,50 $/ml, un prix relativement bas sur le marché.
La mention «produit de culture biologique» et si possible une certification biologique décernée par un organisme officiel, Québec Vrai au Québec, Nature et Progrès, en France, est un autre élément important pour juger de la qualité d'une huile. Selon Michaël Zayat, on devrait choisir de préférence un produit biologique car les résidus d'engrais ou de pesticides se concentrent dans les huiles essentielles, un peu comme cela se produit dans le règne animal où le thon, par exemple, accumule plus de mercure que le saumon situé plus bas dans la chaîne alimentaire.

Est-ce à dire qu'il n'y a rien de bon sur les tablettes des magasins? Non, de dire Michaël Zayat. Les essences ordinaires ont des propriétés antiseptiques et bactéricides et peuvent être utilisées pour purifier l'air ambiant. (Il existe sur le marché un diffuseur électrique qui permet la libération dans l'atmosphère de milliards de microparticules d'essence et dont le procédé de diffusion à froid permet de préserver l'entièreté des propriétés des essences. L'essence d'eucalyptus, de lavande, de genévrier, de sauge, de camphre ou les essences de conifères conviennent particulièrement à la purification de l'air.) A la rigueur, on peut même utiliser les huiles essentielles dans le bain, surtout si on ne recherche pas une activité thérapeutique spécifique. Mais c'est pour les applications directes sur la peau ou la prise par voie interne à des fins thérapeutiques spécifiques qu'il est important de ne pas faire de compromis sur la qualité.

Une révolution en aromathérapie Une équipe de jeunes chercheurs français a mis au point un procédé de «micromicellisation» unique qui permet de rendre les huiles essentielles solubles dans l'eau. Le fruit de leur travail est commercialisé sous la marque «Les Essentielles» et vendu dans de petits flacons renfermant un concentré soluble à partir duquel on peut préparer une tisane instantanée, chaude ou froide. Les contenants sont munis d'une pompe doseuse, ce qui en fait un produit pratique et sûr. On trouvera six formules différentes, chacune étant composée d'un complexe d'huiles essentielles visant un effet particulier: Respiration, Sommeil, Anxiété, Circulation, Tonique et Digestion. Au Québec, ce produit est distribué par Nature Beauté Santé (N.B.S.) à Montréal).

Des huiles essentielles d'ici André Bergeron, chimiste à la station d'Agriculture Canada de Saint-Jean-sur-Richelieu, voit un potentiel énorme pour le marché des huiles essentielles distillées ici à partir des plantes du Québec. «On est particulièrement bien placés pour exploiter la niche des huiles essentielles de qualité thérapeutique: les essences de sapin baumier, d'épinette, de cèdre, de pruche, d'achillée millefeuille, de thé des bois, de monarde, de tanaisie peuvent être produites ici, pour la plupart à des prix compétitifs, et porter la certification biologique.» La maison Solarome produit, dans la région de Trois-Rivières, un excellent éventail d'huiles essentielles biologiques portant la certification Québec Vrai. Les aromathérapeutes sont les principaux preneurs de ces produits exceptionnels, mais les consommateurs peuvent également se les procurer dans plusieurs magasins de produits naturels. Pour connaître le nom des aromathérapeutes qui pratiquent au Québec, communiquer avec l'Académie de phytothérapie du Canada: (514) 499-0533.

Cet article a été publié dans le Guide Ressources, vol. 9, no. 6, 1994, pp. 69-73. Tous droits réservés par Paulette Vanier.


 

Partager cette page

Repost 0
Published by